Que faire en cas de dépression?

Oct 7, 2019 | Article

Du côté du patient, la première chose à envisager est bien évidemment d’aller consulter son médecin traitant qui pourra évaluer l’intensité de l’épisode dépressif et proposer une démarche médicamenteuse si cela le nécessite. Un suivi thérapeutique auprès d’un psychologue ou psychiatre peut être entrepris mais en phase aigu, le plus important est d’aider le patient à se stabiliser et seuls les médicaments permettent un soulagement « rapide » (notamment au niveau du sommeil qui est fortement perturbé en général).

En phase aiguë, le patient a très peu de ressources cognitives et comportementales si l’épisode est très sévère. A ce stade, le suivi psychologique se cantonnera a du soutien, caractérisé par une écoute, des explications et une compréhension, ce qui soulage déjà le patient qui souvent, est enfermé dans une culpabilité importante. Si l’épisode est léger ou modéré, des indications thérapeutiques peuvent déjà être suivies.
Au niveau comportemental, le cercle vicieux de la dépression va se traduire par une réelle difficulté à accomplir des actes de la vie quotidienne, une apathie qui va se nourrir d’une anhédonie (absence de plaisir) importante. Dès lors, la personne a tendance à se replier sur elle, à ne plus sortir voir même à ne plus se lever. Il est très important de casser ce cercle vicieux par l’activation comportementale : se fixer des objectifs courts, atteignables, fixer des alarmes en conséquence, et faire le geste tout simplement, sans se poser la question. Par exemple : fixer un horaire de lever le matin et se lever dès que l’alarme sonne, faire un tour de 10 minutes à pied tous les matins et ainsi de suite. Le piège souvent, est de vouloir réaliser les mêmes tâches qu’auparavant mais cela n’est pas possible ce qui va de nouveau mettre le patient en échec et renforcer le cercle vicieux de la dépression. Il est donc primordial de se fixer de petits objectifs et aussi de les valoriser une fois atteints.
Sur le plan cognitif, la dépression va se nourrir des ruminations avec notamment beaucoup de question en Pourquoi ? « Pourquoi je vis ça ? » « Pourquoi je ne m’en sors pas ? » « Pourquoi moi ? » … Et beaucoup de pensées autocritiques également de type « Je suis nul », « Je ne vaux rien », « J’embête tout le monde »,… L’important est de s’entraîner à casser ces ruminations et ces pensées autocritiques, simplement en les laissant passer ou en essayant de réévaluer la situation. Comme ces pensées sont très intrusives, cela peut mettre du temps et nécessite l’accompagnement d’un professionnel.

En cas de dépression, souvent, le premier réflexe de l’entourage est de vouloir stimuler la personne. Or, d’un point de vue neurochimique, la personne ne peut pas se « motiver » ou « avoir la volonté de ». Certaines stimulations peuvent être vécues sur un mode culpabilisant, et mettre davantage la personne en échec. Il ne s’agit pas non plus de ne rien faire, mais on va plutôt proposer des activités plutôt que conseiller des comportements. Du type « ça te dit d’aller te promener ? » au lieu de « tu devrais aller te promener »…
Dans la même lignée, souvent pour raisonner la personne on va tenter de la faire « positiver » ce qui est également très compliqué pour les personnes souffrant d’un trouble dépressif, notamment en phase aigüe ; tout simplement parce que la personne est envahie par sa souffrance et qu’il est très compliqué d’avoir une place mentale pour ce genre de pensées. Mais là non plus, il ne s’agit pas de ne rien faire, mais plutôt de valoriser les comportements progrédients, aussi minimes soient-ils et simplement de ne pas entretenir de discussion anxiogène (la société, l’écologie,…) qui vont venir alimenter les ruminations.
Souvent, au début l’entourage est très présent et compréhensif : la difficulté réside dans la durée de l’épisode et dans le sentiment d’impuissance que peuvent ressentir les proches. Sur le long terme, l’entourage peut développer de la colère à l’égard du proche, de la rancœur, etc.… Le proche peut également consulter pour être soutenu et conseiller pour adapter son comportement. Il est important de prendre soin de soi également et donc ne pas hésiter à s’octroyer des plages plaisir en dehors de la présence du proche.

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